C’est un enjeu pour les banques et l’immobilier, les Français connaissent actuellement une hausse de leur pouvoir d’achat, à en juger par les mesures gouvernementales déjà votées et dont les effets se feraient sentir dès cette année tels que la baisse des cotisations des salariés, de la taxe habitation, hausse de la prime d’activité ou encore défiscalisation des heures supplémentaires.Les Français face à l’épargne : plutôt que d’investir et de faire fructifier son argent, les Français préfèrent économiser. Ils mettent le plus souvent possible de l’argent de côté, dépensent très peu et conservent le reste en prévision des coups durs et en placements à risques zéro. Hélas, dans la plupart des cas, cet argent ne “travaille” pas et constitue une manne inexploitée.

Pourtant, dans un contexte où le taux d’intérêt est historiquement bas, ne serait-il pas plutôt judicieux d’investir dans l’immobilier ? Les Français seraient-ils définitivement contre la prise de risque nécessaire pour espérer un peu plus de rémunération ? C’est bien connu, les Français entretiennent des rapports compliqués avec l’argent ce qui peut les conduire à prendre souvent de mauvaises décisions au mauvais moment.

Par cette enquête Ifop, réalisée par questionnaire auto-administré en ligne (Les Français face à l’épargne), du 16 au 17 octobre 2019, auprès d’un échantillon de 2008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, nous avons voulu savoir quelles étaient les raisons qui poussaient les Français à épargner, ce qu’ils font de leur argent et par quel type d’investissement sont-ils séduits.

Les Français et leur argent : deux tiers de “fourmis” contre un tiers de “cigales”

A choisir, deux tiers des Français (66%) s’identifient à la fourmi de la table de La Fontaine : ils dépensent peu et conservent le reste en prévision des coups durs. Bien que les Français soient majoritairement prudents dans leurs dépenses, on compte tout de même un tiers de “cigales” (34%), parmi eux, des gens qui souhaitent profiter au maximum de leur argent au quotidien.

Des cigales que l’on retrouve en plus forte proportion chez les 18-34 ans (39%), les célibataires (38%) et dans les régions du sud : Nouvelle-Aquitaine (38%), Occitanie (40%) et surtout Provence-Alpes-Côte-D’azur (45%).

Depuis toujours, les Français sont réputés économes. Ils n’hésitent pas en grande partie (79%) à se serrer la ceinture afin de pouvoir mettre une somme de côté, tous les mois (31%), une fois par trimestre (22%) ou moins souvent (26%).

 

Toutefois, un Français sur cinq (21%) déclarent tout de même ne jamais être en mesure de mettre de côté.

Dans le détail, on observe que les personnes épargnant tous les mois se comptent majoritairement chez les CSP+ (41%), les couples (39%) et auprès des catégories les plus aisées (52% contre seulement 15% pour les catégories les plus pauvres).
Mais également chez les Français que se disent “fourmi” (36%) plutôt que les “cigales” (23%).

 

Les hommes, sont également plus nombreux à économiser que les femmes, puisque 36% déclarent mettre de l’argent de côté chaque mois, contre 28% des femmes. Une tendance qui peut être expliquée par l’inégalité homme/femme qui règne dans le monde du travail.

En effet, aujourd’hui encore, le salaire perçu par les femmes pour le même travail effectué reste encore inférieur à celui des hommes. Ainsi, selon les derniers chiffres de l’Insee(datant de 2015), le salaire moyen des femmes s’élève à 1 986€ contre 2 438€ en moyenne pour les hommes. Une disparité salariale très marquée chez les femmes les plus diplômées et chez les cadres.

Les Français face à l’épargne : les raisons

Mais alors, pourquoi les Français sont autant près de leurs sous ? Pour quelles raisonstentent-ilsle plus possible de mettre de l’argent de côté ? Plus d’un Français sur deux (58%) expliquent qu’ils le font principalement pour disposer d’une épargne de sécurité, une somme en cas d’imprévu. Une épargne “préventive” en réponse aux différentes crises économiques survenues ces dernières années.

Plus généralement, les motifs d’épargne concernent principalement des dépenses à très long termes telles que la retraite (31%) ou très immédiates, comme les prochaines vacances (30%). Cet argent ainsi mis de côté apparaît très rarement investi.

L’épargne des femmes dévouée à leur foyer

Les Français face à l’épargne : contrairement aux hommes, on remarque que les femmes placent leurs proches et l’équilibre familiale en priorité dans leur choix d’épargne. Ce sont d’ailleurs elles qui pensent le plus à “l’épargne sécurité” (60%) contrairement aux hommes (57%).

Que ce soit pour financer les études des enfants, acquérir un foyer ou un véhicule, ce sont là encore les Françaises qui seront plus enclines à vouloir épargner afin, avant tout, de mettre en place un véritable cocon familial, et faire de sa famille, la priorité.

Ainsi, si 28% des Français pensent qu’il est déterminant d’épargner pour financer les études ou l’installation de leurs enfants, la proportion de femmes évoquant cet investissement futur est plus importante (29%) que celle des hommes (27%).

Il en est de même pour l’acquisition immobilière comme choix déterminant d’épargne : si en moyenne 25% des Français voient l’investissement immobilier comme déterminant dans le choix d’épargne, 21% d’entre eux sont des hommes, et 29% des femmes.

Un choix d’épargne également partagé par les plus jeunes, puisqu’un Français sur deux âgé de 25 à 34 ans place l’investissement immobilier comme la principale motivation pour épargner. Il en est de même pour les habitants des régions Nouvelle-Aquitaine(31%), Auvergne-Rhône-Alpe (20%) et Île-de-France (29%).

Enfin pour 19% des Français, c’est l’achat d’une voiture qui est déterminant dans lechoix d’épargne. Là encore, les femmes sont plus nombreuses à le considérer comme une nécessité à 22% contre 15% du côté des hommes.

De l’argent “qui dort” sur les comptes en banque… et sous les matelas !

L’argent des Français dort, et les Français en sont conscients. En effet, 57% avouent que leur patrimoine financier ne produit pas d’intérêts supérieurs à ceux des livrets bancaires classiques, alors que 25% affirment avoir fait en sorte que leur pécule “fasse des petits” et rapporte plus de 2% d’intérêts à l’année. Ce sont principalement les classes moyennes (63%) qui laissent leur argent au repos.

Si l’usage des espèces en tant que moyen de paiement est en déclin du fait de l’augmentation des moyens de paiement dématérialisés et des nouveaux modes de consommations simplifiés selon les derniers chiffres de la Banque Centrale Européenne, il fait toutefois les beaux jours des épargnants.
Et notamment des Français, pour qui, l’utilisation des pièces et billets en euro se limite à leur mise à l’abri au sein du foyer.

Le « bas de laine » est néanmoins peu répandu puisque seulement un tiers des Français (33%) déclare détenir de l’argent liquide à son domicile, pour un montant moyen d’environ 700 euros. Fait plus surprenant, 14% des Français disent garder chez eux des bijoux anciens non portés, 9% des pièces en métal précieux et 2%… de l’or en lingot.
Ce sont d’ailleurs les hommes qui sont les champions du bas de laine et de l’argent caché sous le matelas. Et ce, quel que soit le type de valeur.

En effet, en ce qui concerne l’or en lingots, les hommes détiennent en moyenne 5 230€ au sein de leur foyer, contre 250€ pour les femmes. Il en est de même pour les bijoux anciens (2 164€ en moyenne chez les hommes contre 1426€ pour les femmes), et les pièces en métal précieux (2 529€ contre 466€ pour les femmes).

Plus surprenant encore, les hommes sont plus nombreux à “cacher” de l’argent liquide chez eux, sous leurs matelas ou au chaud dans un coffre-fort, avec en moyenne 1058€ contre seulement 328€ pour les femmes.

Les Français face à l’épargne : immobilier un investissement intéressant et peu risqué

Le risque apparaît comme la principale explication à la frilosité des Français à l’égard de la fructification de leur épargne. En effet, la grande majorité des Français (90%) préfère une épargne sécurisée qui rapporte peu mais ne présente aucun risque de perte, contre 10% qui privilégient des gains importants, quitte à être perdant.

Les Français face à l'épargne - plutôt cigale ou fourmi _

Dans ces conditions, un type d’investissement tire son épingle du jeu : l’immobilier. Et les Français l’ont bien compris ! 61% d’entre eux perçoivent que les taux d’intérêts immobilier sont historiquement bas et trouvent les crédits immobiliers plutôt accessibles. Ainsi, l’investissement immobilier semble envisageable pour 38%. Une tendance encore plus accentuée chez les 25-34 ans (67%) et les habitants de l’Île-de-France (57%).

Les Français face à l'épargne - plutôt cigale ou fourmi _

Face à cet engouement pour le secteur immobilier, les Français s’intéressent également au modèle de la SCPI, qui permet de mutualiser les investissements et les gains : deux tiers (64%) y voient un bon type de placement et un sur cinq (19%) serait même prêt à investir. En pole position dans ce type d’investissement qui a le vent en poupe, on retrouve les 25-34 ans (26%), les CSP+ (30%), les catégories aisées (28%) et les couples (26%).

Lorsqu’on les interroge sur un potentiel achat futur dans les 12 prochains mois, 27,4% des Français envisagent l’emprunt immobilier pour financer leur projet, loin devant les petites économies pour 15,9%, les placements (7%) ou encore un heureux héritage (6,7%). Ainsi, malgré ce contexte immobilier avantageux, plus d’un Français sur deux (50,7%) n’envisageraient pas encore ce type d’achat dans l’immédiat, soit dans les 12 prochains mois*.

*Données issues de Profiles, l’outil de segmentation et ciblage média de YouGov fondé sur une collecte quotidienne de la data interrogeant la population française de +18 ans, sur une base de 9 626 répondants. Données extraites du dataset du 20.10.2019

Vous pouvez télécharger les résultats complets de l’enquête via ce lien.

Étude complète certifiée par FLASHS,
“Mieux Comprendre pour Mieux Informer”.