Les escroqueries aux SCPI sont monnaie courante et en fort développement depuis plusieurs mois. Pour lutter contre les arnaques aux SCPI, l’AMF a publié plusieurs recommandations et met à la disposition des épargnants une liste non exhaustive des sites à éviter.

De quelques milliers d’euros à plusieurs centaines de milliers d’euros, les économies de toute une vie peuvent disparaître. Les arnaques aux placements sur internet ne sont pas un phénomène nouveau. Les escroqueries sur le Forex, aux placements exotiques, aux crypto monnaies sont bien connues de l’Autorité des marchés financiers. L’AMF lutte sans relâche pour avertir les épargnants des risques de ces démarchages. Aujourd’hui, dans le collimateur de l’institution financière, les escrocs aux sociétés civiles de placement immobilier.

Rien d’étonnant à cela. La pierre papier affiche des performances élevées avec un niveau de risque faible. En période de taux bas et de volatilité sur d’autres classes d’actif, les épargnants se tournent vers les SCPI. En effet, elles affichent une collecte de 6,03 milliards d’euros en 2020 et un rendement moyen de plus de 4 %.

Dès lors, l’intérêt des épargnants pour les SCPI aiguise l’appétit des escrocs. Ils n’hésitent pas à usurper les identités des conseillers de gestion en patrimoine pour vendre de faux produits avec des promesses de performance mirobolante. Depuis 2019, le service “Epargne info service” de l’AMF reçoit quantité d’appels de particuliers victimes des pratiques peu scrupuleuses de ces vendeurs de fausses SCPI. D’après l’AMF, le préjudice moyen des arnaques aux SCPI s’élève à plus de 63 500 euros par personne avec une chance infime de recouvrer une partie des sommes volées.

La technique est rodée et a fait ses preuves sur d’autres arnaques. Les escrocs se font passer pour de vraies sociétés de gestion de patrimoine. Elles copient leur nom comme Portail-SCPI, usurpent l’identité des conseillers en gestion de patrimoine, réalisent de faux certificats de propriété des parts de SCPI… Ces arnaqueurs profitent de la crédulité des épargnants qu’ils convainquent sans difficulté de leur confier leurs fonds.

Quelques échanges téléphoniques pour vanter leurs faux véhicules d’investissement, quelques échanges de mails imitant la signature de la société de gestion de patrimoine suffisent aux escrocs pour collecter l’épargne des particuliers. Un patrimoine qu’ils ne reverront jamais. L’argent est le plus souvent transféré à l’étranger dans des pays au système bancaire opaque.

Pour mieux tromper les personnes, les pirates ouvrent des sites souvent éphémères reproduisant la nomenclature des sites de sociétés officielles commercialisant des SCPI. Ainsi, ces vitrines sans aucune existence légale permettent de récupérer les données des internautes (nom, adresse mail, numéro de téléphone). Autant d’informations utiles pour contacter les futures victimes de ces arnaques aux SCPI.

Ci-dessous, quelques sites pirates répertoriés par l’AMF. Il s’en ouvre régulièrement et cette liste noire ne peut être exhaustive car elle nécessite une mise à jour constante :

Pour les néophytes, se protéger des escrocs n’est pas aisé. La priorité est de vérifier l’identité de votre interlocuteur et de sa société. Par quel moyen ? Les agents autorisés à commercialiser des produits financiers dont les SCPI doivent être enregistrés sur Regafi. Ils sont les seuls autorisés à vous procurer des conseils financiers pour placer votre capital.

De même, les sociétés de courtage sont toutes enregistrées auprès de l’Anacofi et de  l’Orias. Ce dernier est le registre unique des intermédiaires en assurance banque et finance. Toutes les sociétés enregistrées disposent d’un numéro unique d’identification. Il doit obligatoirement apparaître sur le site en général dans les mentions légales. Pour Portail-SCPI, voici ses numéros d’identification :

  • Anacofi : 1092N957
  • Orias : 200 09087

Au-delà de ces vérifications d’usage, il est fortement conseillé de prendre son temps, de réfléchir avant de céder aux sirènes d’un placement qui a tout du miracle. Comparer les offres sur le marché, s’assurer de l’existence du véhicule d’investissement, prendre le temps d’échanger à plusieurs reprises avec le conseiller en gestion de patrimoine. Si ce dernier vous presse à investir sur un placement, prenez garde, il s’agit certainement d’un escroc. 

Louis Legasse
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Expert patrimonial en activité depuis 10 ans. Spécialisé en immobilier et produits financiers. (Master Banque/Finance à l'Université Panthéon Sorbonne).

CIF : E009507 Orias : 20009087